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Blog de lilyrosesmith

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lilyrosesmith

Description :

Ceci est un blog créé pour pousser l'imagination jusque dans ses retranchements.
Je préviens dès maintenant que les limites dans les sujets me sont inconnues, ou du moins que les tabous ne sont pas des amis d'enfance.
Bien sûr, je ne ferai ni dans le yaoi basique, ni dans la sensiblerie de base et encore moins de prosélytisme.
Voilà, heureuse de vous rencontrer.

Fiction; Angel a 19 ans, il vient d'une famille aisée qui lui passe tout et pourrait devenir quelqu'un. Mais c'est sans compter sur sa vision déformée du monde et son mal-être existentiel, qui le poussent à accumuler les erreurs et à briser peu à peu tous les liens qu'il entretient avec ceux qui l'entourent. Tout aurait pu rester ainsi, figé, si le vilain petit canard ne s'était pas retrouvé tout à coup écarté des siens pour satisfaire les ambitions politiques de son père...

pour les remarques, il existe quelque chose de sympathique nommé commentaires :)

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lilyrosesmith17 ans
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Chaque mot sera pesé pour ne pas alourdir les textes.
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#Posté le mercredi 16 juin 2010 17:50

Modifié le mercredi 02 mars 2011 02:19

Trouver la voie

 Trouver la voie 
         L'obscurité l'entourait, trompeuse et menaçante. Sa tête faisait si mal ! Son c½ur voulait fuguer. Ses doigts voulaient pianoter, heurter une surface dure. Lui voulait mourir.
            Désespérante de trouver un peu de clarté, il se leva et fit son lit avec soin, malgré de légers tremblements au niveau des poignets. Dans une vaine tentative de les maîtriser, il les plaqua sur le mur. Cela ne changea rien ; au contraire.
            Sentant les spasmes se diffuser progressivement au reste de son c½ur, il accepta enfin l'évidence, la réalité : il était en manque comme jamais ! D'ici quelques heures, son père allait franchir le seuil de la chambre, le trouver là, fiévreux, grelotant dans le noir. Il le verrait ainsi, en proie aux tourments de l'addiction ; il savait ce qui adviendrait. Père ne prêterait pas plus d'une minute d'attention à ses cris et ses suppliques ; il ne l'avait jamais fait.
            Du bout des doigts, il remit en place une mèche alourdie par la sueur. Pitié, que cela s'arrête ! Les regards, les chuchotements, les rires moqueurs....Jamais ! Si être la honte de la famille lui était déjà insupportable, que cela se sache serait intolérable.
            Une idée lui traversa l'esprit. Et si...et si on ne le surprenait pas, s'il partait avait de s'effondrer sur le tapis comme un pantin désabusé ? Ce ne serait pas évident, cependant, peut-être avait-il une chance. Pourquoi ne rien tenter ? Il lui suffirait de franchir le balcon, de s'y suspendre, de sauter ; le sol n'était pas si loin. Là, il pourrait s'élancer jusqu'au portail ! Ou du moins, trottiner doucement, quitter ce lieu maudit. Restait à atteindre la porte-fenêtre.
            Il se prit à  maudire une fois de plus son père d'avoir dépouillé la pièce de toute forme d'éclairage pour l'obliger à sortir de sa chambre, mais marcha droit devant lui. Il progressa jusqu'au mur d'en face, les bras tendu devant lui, dans une position que d'aucuns auraient considérée comique. Pas lui. Il avait d'ailleurs depuis longtemps banni de son vocabulaire tout ;  morts, histoires, souvenirs, images, ce qui pouvait faire rire. Ou bien même évoquer l'humour, ses six lettres agaçantes.
            Il en était à songer au suicide, lorsqu'il trébucha sur une paire de bottes posées au beau milieu de la pièce. Sa pensée s'interrompit alors,  laissant la place à un réflexe inopiné qui lui permit d'agripper ce qu'il imagina être le dossier de sa chaise. Cela le rassura vivement ; il n'était pas si loin de son but, en fin de compte. Il se rembrunit dans son invisibilité. Deux mètres, autant dire un marathon pour lui, pauvre drogué désemparé.
            Il se redressa, prit appui sur ses paumes, enjamba maladroitement sa chaise et se recroquevilla pitoyablement sous le bureau.
            Réfléchir.
 
 
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#Posté le mercredi 02 mars 2011 02:32

Modifié le mercredi 02 mars 2011 03:34

Se réveiller en enfer

Se réveiller en enfer-Rafa ?           
Rafael ne prêta pas attention à cette voix, si pressante. L'identifier formellement eut été une perte de temps. Lucia, peut-être ? Il retira son jean, qui traversa la chambre, emportant la lampe de son bureau au passage. Sans doute le fracas perçu par ses tympans vint de là...Son tee-shirt en soie noire n'eut pas plus de chance, balancé sur la table de chevet et les multiples bracelets gothiques tombèrent de ses poignets dans un cliquetis infernal. Quant à ses converse, ayant soigneusement la toile noire de têtes de morts rouges brillantes, il les laissa atterrir sagement à côté de la douche. Il poussa un cri. L'eau était encore glacée. Rafael pensa à une énième man½uvre parentale pour l'obliger à venir prendre le petit-déjeuner avec eux. Mais il devait être seize heures et il n'avait toujours pas faim.
Propre, il se sentit mieux, bien que la douleur qui lui martelait le crâne ne cessa en rien. Puis sa main droite balaya les étagères de la salle d'eau,  renversant au passage de multiples produits ; il n'était pas sûr que ce fussent tous les siens. Une bouteille de parfum abandonnée sur l'étagère par Olivia lors de son de son dernier passage se brisa sur le carrelage, les vieilles barrettes de la jeune femme allèrent rouler sous les meubles, perdues.
-Rafa ? répéta la voix de Carlotta – il ne pouvait s'agir que d'elle – quand il poussa un gémissement d'effroi. Ses doigts avaient, par mégarde, serré les éclats de verre tombés dans les vêtements ; il se moquait de la douleur, mais voir le sang couler le long de ses doigts l'avait effrayé.
-Allez, sois gentil, ouvre-moi !
Sa main libre défit le verrou.
-Enfin !
La jeune fille secoua sa crinière de jais,  incrédule. Rafael ne comprit pas. Alors, il balaya la pièce du regard et rougit. Tout autour, les débris jonchaient le sol, recouvraient les murs, l'air respirait un mélange de parfums fleurs et d'effluves chimiques. Le paravent en bois de rose lui-même rougissait, tacheté par son propre sang.
-Oh, euh...Il ne savait trop quoi dire.
-Tu t'es fait mal...comment ?
            Carlotta ne lui laissa pas le temps de répondre et nettoya vite sa blessure ; un de ses nombreux avantages, ce calme imperturbable et cette efficacité hors pair. Lui se serait volontiers avachi sur le sol dans l'attente de la mort, s'il avait été seul.
            Il haïssait le sang.
            -Oh, mais c'est le chemisier de Lucia...ou plutôt, c'était, rit Carlotta. Elle ne va sûrement pas être ravie.
            -J'en suis désolé.
            Rafael songea vaguement qu'avant sa venue, la salle de bain était plutôt splendide. Cependant quelques minutes de présence avaient suffit à tâcher les beaux placards en ébène, les rideaux colorés choisis avec soin et le carrelage noir et gris. C'était désormais comme si un mini-cataclysme s'était chargé de donner vie à cette pièce de bon goût, l'humanité avait fait son ½uvre, choisi de conserver le minimum et de satisfaire ses pulsions emportées sur de pauvres objets fragiles. Un simple sourire vint illuminer sa bouche, l'espace de quelques instants, devant son ½uvre inachevée.
            -Mère veut te voir, annonça Carlotta. Je crois qu'elle a trouvé la dose que tu avais oubliée à la cave.
            Rafael se raidit.
            -Pourquoi serait-ce forcément la mienne ? il y a cinq autres enfants dans cette maison, ce me semble.
            La façon qu'eut Carlotta de pouffer de rire le froissa profondément. Sa propre s½ur ne le croyait pas et sa mère le tenait pour responsable du moindre incident au manoir ! Rafael se sentit incompris des siens et médita l'hypothèse d'un départ qui avait effleuré son esprit le matin même. Il s'imagina dans un petit hôtel, à Toulouse par exemple, enfin débarrassé de tous ceux dont les désirs étranges supposaient qu'il reprît ses études, trouvât un emploi et cessât de se lever l'après-midi. Rafael se souvenait d'ailleurs de cette courte période de son adolescence où sa mère lui avait déniché un stage dans l'entreprise familiale. Il n'avait jamais connu plus ennuyeux qu'une journée entière au milieu des machines à coudre à observer le travail des ouvriers vacant à leurs occupations !
Sa passion à lui ne concernait pas les costumes de qualité, mais les films. S'il se levait avant onze heures, c'était pour aller voir un film à la séance de quinze heures, dans un petit cinéma l'autre bout de la région. On prenait d'ailleurs souvent appui sur ces habitudes pour pointer que, s'il pouvait se réveiller de bonne heure pour sa passion, il pouvait bien le faire les matins de cours. Mais il avait eu son baccalauréat avec une mention bien, en ayant malgré tout redoublé une classe par la faute de son manque d'assiduité, et considérait qu'il ne devait plus rien à personne. Lorsqu'à dix-sept ans il avait évoqué des études de cinéma, on lui avait rit au nez et menacé de lui couper les vivres.
Son grand-père voulait qu'il fît ses études de commerce,  sa mère de lettres, son père le considérait comme idiot, voire mentalement attardé et son frère Julian lui proposait d'étudier les mathématiques à la faculté qu'il avait lui-même fréquenté. Rafael ne désirait qu'une chose : fréquenter enfin des gens partageant sa ferveur pour l'art audiovisuel. La semaine précédente, Père s'était emporté contre lui, raillant son caractère oisif, ses prétentions artistiques sous les sourires moqueurs d'Enrique et Juan. Il lui avait interdit de venir avec eux dans la villa en Espagne l'été suivant s'il ne se décidait pas à obéir aux souhaits de ses parents, Rafael en avait rit sous cape, tant il trouvait cela grotesque. Il se fichait bien de l'Espagne ; il y faisait trop chaud pour qu'il s'y plût, la mer lui faisait peur et il n'aimait pas patauger dans la piscine familiale, exposer son corps amaigri par ses négligences répétées. S'il possédait une musculature raisonnablement esthétique grâce à ses quatre heures d'art martiaux hebdomadaires, ses joues s'étaient creusées et il était victime d'une grande injustice en ce qui concernait sa peau. Là où tous les autres bénéficiaient de leur sang espagnol en ce qui concernait leur épiderme, lui avait subit les aléas de la génétiques en héritant de sa grand-mère maternelle un teint plus pâle et long à dorer. En expliquant à son père que ses désirs resteraient les mêmes malgré toutes les menaces du monde, il avait manqué d'essuyer une claque. Mais seule Carlotta paraissait se soucier de ces deux évènements, des sottises aux yeux de Rafael. Elle prétendait que sa manière de se comporter allait engendrer des conséquences bien plus graves s'il continuait. Rafael connaissait ces fameuses conséquences, enfant, il les avait souvent subies et en était sorti indemne. Assez de Carlotta, de ses questions existentielles et de sa sensiblerie !
-Dépêche-toi d'aller voir Mère, pressa cette dernière. Ou du moins, n'attends pas le retour de Père sinon tu risques d'aggraver tes problèmes !
-Mère n'est pas du genre à le laisser régler les problèmes à sa place, Carlie...
Carlotta le regarda comme elle aurait fixé un abruti assit sur un banc occupé à se demander où pouvait bien se situer la droite par rapport à la gauche.
-Les murs ont des oreilles, Rafa !
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#Posté le mercredi 02 mars 2011 03:28

Modifié le mercredi 02 mars 2011 03:38

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